LA MOTRICITÉ LIBRE :

« La liberté motrice consiste à laisser libre cours à tous les mouvements spontanés de l’enfant, sans lui enseigner quelque mouvement que ce soit » Emmi Pickler.

C’est un concept développé par le Dr Emmi Pickler dans les années 1960. En effet, elle va découvrir que le développement moteur de l’enfant s’acquiert naturellement et dans un ordre bien précis, mais que cette liberté de mouvement donnée aux enfants leur apporte également un sentiment d’accomplissement et de sécurité.

Il ne faut n’y empêcher un enfant de se mouvoir (par exemple en le laissant des heures attachées dans un transat) ni le mettre dans une position qu’il ne sait pas encore prendre de lui-même, afin qu’il puisse atteindre les différents stades moteurs à son propre rythme et sans contraintes. C’est lui laisser la possibilité, la liberté de se mouvoir de se déplacer, d’évoluer à son rythme.

Il va découvrir son corps et ses capacités moteurs par lui-même !

Dès les premiers mois, il est possible d’installer l’enfant au sol sur un tapis ferme où il pourra se déplacer en toute liberté. Des jeux avec différentes textures et formes sont posés à côté de lui pour éveiller et stimuler ses sens.

L’adulte est présent pour l’accompagner visuellement, verbalement, lui donner confiance. Le positionnement de l’adulte c’est de lui offrir une liberté de mouvement et il intervient seulement quand il y a un vrai danger pour l’enfant. L’enfant doit faire sa propre expérience et doit être capable d’évaluer les dangers par lui-même. S’il est capable d’analyser les dangers, il s’y mettra beaucoup moins. Un enfant cherche toujours à garder la stabilité. Par exemple, un enfant qui se met debout met qui ne marche pas encore, ne se lâchera jamais les mains du meuble auquel il se tient si il sent qu’il n’a pas encore l’équilibre nécessaire pour se lâcher.

Il va procéder par étape pour maîtriser son corps alors que si on lui force une position non acquise par lui-même on risque d’entraver son parcours …
Nous ne lui apprenons pas à acquérir ses futures postures : l’enfant les découvre de lui-même, à partir de sa maturation neurologique et par rapport à ses intérêts et ses désirs d’expérimenter à nouveau mouvement.

Pour favoriser la motricité libre :

  • Choisir des vêtements amples et stretch (jogging, legging),
  • L’enfant doit être pieds nus le plus souvent possible. Cela l’aide à avoir de meilleurs appuis et à trouver plus facilement son équilibre,
  • Toujours le mettre dans une position qu’il connaît et qu’il maîtrise,
  • Limitation du parc et de la balancelle. On dit clairement non au trotteur et au youpala. Dans certains pays, comme le Canada et les Etats Unis, ils sont interdits. Ils augmentent le risque de chutes et de mauvaises postures !
  • Leur mettre à disposition un environnement le plus sécurisé possible afin qu’il puisse se mouvoir librement.

Plus l’enfant est dans une liberté de mouvement plus il va développer une sécurité intérieure et une confiance en lui. Il est nécessaire que l’adulte qui l’accompagne prenne une position d’observateur bienveillant et sécurisant, en répondant aux sollicitations de l’enfant, en le valorisant, sans bien évidemment trop intervenir.

La motricité libre permet à l’enfant d’accéder à de réels moments de réussite, de bonheur en favorisant l’estime de soi et une maîtrise corporelle.